• Quand la littérature se réfugie en banlieue

    Des écrivains de la banlieue parisienne s'organisent en un Mouvement visant à booster la créativité des jeunes

    GUILLERMO ALTARES (ENVOYÉ SPÉCIAL) - Paris - 05/05/2007

    TRADUCTION FRANÇAISE : NATHALIE BLÉSER

    Les faubourgs de France sont comme une marmite à pression toujours sur le point d'exploser. De fait, comme ça a été le cas en automne 2005, ils éclatent parfois en un tourbillon de feu et de violence. Dans ces territoires urbains, surtout dans les

    Cités, ces quartiers HLM qui concentrent la plupart des problèmes, la frustration et la rage gagnent du terrain,mais la créativité et le talent aussi. Et les jeunes de ces quartiers ne s'expriment pas uniquement à travers le rap ou les graffs. Après la révolte de 2005, qui, selon certains, pourrait se reproduire bientôt si le candidat conservateur Nicolas Sarkozy remporte les élections présidentielles de demain, un groupe d'auteurs est parvenu à ce que les maisons d'édition les plus prestigieuses de France s'intéressent à leurs oeuvres ; ils ont maintenant décidé de s'unir en collectif pour que tout ce talent puisse trouver et sa voie et son espace.

    Razane: « Nous voulons offrir de la visibilité à la créativité née en banlieue »

    « La littérature française s'est beaucoup embourgeoisée ces dernières années », affirme l'écrivain Karim Amellal.

    “Nous voulons offrir de la visibilité à la créativité née en banlieue”, explique Mohamed Razane, un éducateur social de 38 ans spécialisé dans l'attention aux jeunes à problèmes ; il a publié son premier roman, Dit violent, dans la célèbre collection blanche de Gallimard, qui réunit de grands écrivains français. D'autres romanciers avaient déjà dressé un portrait du monde des banlieues françaises, comme le narrateur algérien Y. B. dans Allah superstar ou l'écrivaineadolescente Faïza Guène, qui avait vendu 300.000 exemplaires de son oeuvre Kif kif demain en 2004, mais après la révolte de 2005 des maisons d'édition comme Gallimard, Hachette, Stock et Seuil ont intégré ces auteurs dans leur catalogue.Le collectif Qui Fait la France?, présidé par Razane et composé de neuf autres auteurs, a présenté sa première photo de famille le 16 avril 2007 en banlieue parisienne et publiera un livre choral en septembre, Chroniques d'une société annoncée, dont le prologue sera un manifeste revendiquant "la France invisible, éloignée des clichés". "Nous allons financer des projets, créer des ateliers d'écriture. C'est ce que nous aurions aimé trouver nous-mêmes. Beaucoup de jeunes ont une passion mais il est très difficile pour eux de se frayer un chemin dans le système. Il faut amener la culture en banlieue", explique Razane dans un bar du 14ème arrondissement parisien, où il travaille depuis quelques mois. Mais il vit toujours là où il a grandi, en Seine-Saint-Denis, dans le 93, un département qui rassemble certains des quartiers les plus conflictuels, depuis Clichy-sous-Bois, où avait commencé la révolte, jusqu'à la cité des 4.000.

    "Le rap est un moyen d'expression incontestable. Chaque quartier a ses groupes et son langage. Mais en banlieue il n'y a pas que du rap et du sport. Une créativité sans égale y est née, fruit du mélange des origines qui, bien souvent, finit malheureusement par être asphyxiée", poursuit Razane, dont le livre relate, à la première personne, l'histoire de Mehdi, un jeune homme de 17 ans, champion de boxe thaïlandaise qui survit dans le monde sordide, dur, mais aussi profondément humain et solidaire de la cité

    . "Comment parler de violence sans évoquer la pire des violences, celle du système? Qu'ils aillent tous se faire foutre avec leurs beaux discours", s'exclame le protagoniste au début du roman.Qui Fait la France? -composé de Thomté Ryam, Samir Ouazene, Habiba Mahany, Mabrouck Rachedi, Jean Eric Boulin, Khalid el Bahji, Karim Amellal, Mohamed Razane, Dembo Goumane et Faïza Guène elle-même- cherche, en réalité, à voir des jeunes comme Mehdi trouver leur voix au-delà du feu et des voitures brûlées. "Nous voulons sortir du ghetto pour que d'autres en sortent à leur tour, sortir des banlieues et parler à tous les jeunes en difficultés qui veulent faire des choses au niveau culturel, et nous voulons leur apporter notre expérience, nos réseaux et, éventuellement, de l'argent. On parle toujours de nous en tant que représentants de la littérature urbaine, du réalisme du bitume, mais je crois qu'il y a beaucoup d'autres voix", affirme Karim Amellal, un Algérien de 29 ans qui enseigne à Sciences Po et vient de publier son second livre, Cités à comparaître, écrit sur un tempo de rap. Karim Amellal, né à Paris, a vécu 10 ans en banlieue nord de Paris et en novembre 2005, alors que les jeunes brûlaient des milliers de voitures, il a publié son premier Essai, Discriminez-moi !, Enquête sur nos inégalités, paru chez le prestigieux éditeur Flammarion. Ses oeuvres suivantes parlent de  l'immigration et des problèmes d'identité dans un langage qui capte tous les sons, toutes les nuances et toutes les couleurs de la rue.

    L'objectif du collectif est également politique. "Nous revendiquons une littérature engagée, vieille tradition dans ce pays. La littérature française s'est beaucoup embourgeoisée ces 20 dernières années. Nous voulons parler de problèmes réels, de la police, des injustices, de la violence", poursuit Amellal.

    Les auteurs croient qu'un précédent de taille dans l'esthétique qu'ils revendiquent est constitué par
    La Haine, le film deMathieu Kassovitz qui, déjà en 1995, dressait un portrait du monde des Cités en un noir et blanc très tranché. " Il s'est écoulé plus d'une décennie mais le film est toujours très actuel, parce que cette haine est toujours là, palpable, comme on a pu s'en rendre compte en automne 2005". L'objectif des jeunes auteurs interviewés est de canaliser cette violence en d'autres voies.

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  • La réflexion progresse à gauche aussi. La fondation Terra Nova, d'inspiration strausskahnienne, vient de publier un article de synthèse dans Libération sur les grands axes d'une action vigoureuse en faveur des territoires fragilisés.  En gros, les propositions du Think Tank de DSK tournent autour de la discrimination positive territoriale comme principe d'action prioritaire dans les "quartiers sensibles" tels que la politique de la ville les a définis au fil des ans.

     

    L'ensemble des mesures proposées sont de bon sens et elles reprennent d'ailleurs nombre d'analyses conduites par des économistes (Kramarz, Benabou et Prost sur les ZEP par exemple, ou Thomas Piketty sur le nombre d'élèves par classe) ou des sociologues ces dernières années : actions mieux ciblées, moyens massifs, recettes fiscales redéployées, etc.

     

    Je soutiens bien sûr ces mesures, dans leur principe et les modalités de leur mise en oeuvre, mais le seul problème est que dans le contexte actuel d'une crise économique majeure touchant aussi bien les salariés précaires des quartiers sensibles que les jeunes et les ouvriers peu qualifiés du centre ou de l'ouest de la France, le risque est très important, sans l'inclusion de ces mesures dans un plan national de lutte contre les inégalités territoriales, de cliver davantage l'opinion et de la pousser à percevoir ces mesures comme avantageant une catégorie de personnes au détriment d'autres, pourtant placées dans la même situation de précarité/pauvreté.

     

    C'est la position que je défends depuis maintenant un certain temps : les actions, fondées nécessairement sur de la discrimination positive sociale et territoriale, pour aller dans le sens d'une plus grande égalité réelle doivent être conduites sur le plan national, sans léser certains territoires par rapport à d'autres, sans avantager par rapport à d'autres des catégories sociales placées dans la même situation. En réalité, le meilleur moyen de faire accepter par l'ensemble des Français, sans distinction aucune, la discrimination positive en tant que principe fondamental des politiques publiques pour corriger les situations d'inégalités, c'est de faire bénéficier toutes les catégories sociales placées dans ces situations des avantages inhérents aux mesures de redistribution mises en oeuvre. La politique de la "ville", privilégiant les zones urbaines par rapport aux zones rurales, doit ainsi être abandonnée au profit d'une politique globale de lutte contre les inégalités, sociales et territoriales, qui, parce qu'elle concernera tout le monde, ne lèsera personne et n'en sera que mieux acceptée.

     

    Autrement, la perception des mesures prônées en faveur des quartiers ne pourra que s'apparenter à un énième "plan banlieues" dont on constate depuis 20 ans l'inanité.

     

    Quant à la lutte contre la discrimination raciale, enfin, nous avons désormais tous les outils pour l'enrayer : un arsenal législatif (et pour l'essentiel issu des directives communautaires) sérieux depuis la loi de novembre 2001 et une autorité administrative indépendante, la Halde, chargée d'identifier et de combattre les pratiques discriminatoires. Reste maintenant à appliquer la loi (qui sur le plan pénal reste largement inappliquée) pour que cell-ci devienne vraiment dissuasive (c'est très loin d'être le cas compte tenu de l'infinitésimal nombre de condamnations prononcées par an au pénal pour discrimination raciale... et des sanctions financières dérisoires auxquelles elles donnent lieu). Reste aussi à donner à la Halde un contenu autre qu'informatif et à la débarrasser des pratiques informelles et bureaucratiques, parfois franchement scandaleuses, qui polluent son fonctionnement...

     

    KA

     

     

     

    Voici l'article écrit par les membres de Terra-Nova :

     

     

    LIBERATION

    Société 17/02/2009 à 06h52

     

    Le leurre des «plans banlieues»

     

    Seybah Dagoma membre fondatrice de Terra Nova, adjointe au maire de Paris et Olivier Ferrand président de Terra Nova .

     

    La France est marquée par la ségrégation territoriale. Les cités sont devenues «les prisons sociales» de la République : leurs habitants subissent une relégation dont ils ne peuvent plus, statistiquement, s'échapper. Les Français issus de la diversité s'y trouvent piégés. Au même titre que beaucoup de familles modestes. Mais plus encore, du fait d'une politique de logements sociaux qui, depuis un demi-siècle, y entasse les primo-arrivants.

     

    Que faire ? Premier axe, toujours annoncé à coups de «plans banlieues» mais jamais réalisé : un investissement public massif dans les cités. La logique est celle d'une «discrimination positive territoriale» : donner plus aux quartiers qui ont moins.

     L'école s'impose comme la priorité numéro 1. Les zones d'éducation prioritaire sont typiquement un outil de discrimination positive territoriale. Si leurs résultats sont décevants, c'est d'abord que leurs moyens sont insuffisants et saupoudrés : à peine 7 % de moyens en plus pour un élève en ZEP - contre 100 % aux Pays-Bas. Un véritable effort financier pour les ZEP des cités permettrait de limiter la taille des classes, d'attirer les enseignants expérimentés, d'adapter les moyens pédagogiques, avec tutorat et soutien scolaire.

    Au-delà de l'école, il faut investir dans les services publics de ces territoires - grands absents, au passage, du plan de relance du gouvernement. Obstacle majeur, la fiscalité locale : elle constitue une invraisemblable «trappe à pauvreté». La taxe d'habitation, corrélée aux revenus des ménages, rend pauvres les communes dont les habitants sont pauvres. Et la taxe professionnelle, impôt sur les entreprises, est inexistante dans les cités-dortoirs. La politique de la ville, créée pour compenser cette injustice fiscale, est en échec. Trop de saupoudrage. Et trop de défaillances. Un exemple, la construction d'une piscine publique. La politique de la ville ne finance que l'investissement hors taxe : la commune doit dès lors avancer la TVA, soit 20 % du montant. Et elle devra ensuite assurer seule le fonctionnement - maîtres-nageurs, fluides, entretien : c'est souvent hors de portée, d'où une dégradation rapide de l'installation, imputée aux «jeunes» de la cité...

     On devrait dépenser plus d'argent public par habitant à Vaulx-en-Velin qu'à Neuilly-sur-Seine. Or c'est le contraire ! La fiscalité locale doit être refondue au profit des quartiers populaires. Dominique Strauss-Kahn (Pour l'égalité réelle, fondation Jean-Jaurès, 2004) en a esquissé les contours. Remplacement de la taxe d'habitation par une dotation «démographique» de l'Etat. Généralisation de la taxe professionnelle unique (TPU) par bassin d'emploi, afin que la commune de travail, qui concentre les produits de la taxe, la redistribue aux communes d'habitation, qui hébergent les travailleurs assurant sa richesse. Concentration de la politique de la ville sur les 5 % des communes les plus pauvres.Le second axe pour lutter contre la ségrégation territoriale, ce sont les politiques de mobilité. L'ascenseur social est d'abord, aujourd'hui, «un ascenseur territorial».

    La mobilité territoriale passe par le désenclavement urbain (routes, transports publics). Elle passe aussi par la fluidité scolaire. La filière ZEP de Sciences Po a prouvé son efficacité : elle permet un recrutement «coupe-file» au profit des milieux populaires de banlieue. Il faut la généraliser, par exemple sur le modèle proposé par Patrick Weil : donner aux meilleurs élèves de chaque lycée un droit d'accès aux classes préparatoires et aux établissements qui sélectionnent à l'entrée. Au-delà de la diversification de l'élite, il y a la réussite scolaire de masse. L'implantation d'universités de qualité dans les banlieues est une piste.

     

    Mais la mobilité passe avant tout par le logement. La ségrégation urbaine repose sur une barrière invisible : le prix de l'immobilier. Pour la surmonter, il faut une politique radicale de mixité sociale. Rendre plus contraignants, par des amendes renforcées, les quotas de logements sociaux imposés aux communes par la loi SRU est une première voie. Mais les moyens publics sont limités. L'idée est de faire porter cette responsabilité de mixité sociale sur le privé, en étendant les quotas à la promotion immobilière privée, à l'instar du nouveau plan local d'urbanisme de Paris. De manière plus radicale, on pourrait envisager d'étendre les quotas aux copropriétés existantes : soit par achat public en «diffus» (préemption d'appartements dans les copropriétés), soit en imposant aux copropriétés privées d'organiser la mixité sociale en leur sein, sous peine de «taxe de non-mixité».

     Mettre fin à la ségrégation territoriale : voilà bien le premier volet, social, d'une politique volontariste pour la diversité. Mais il est insuffisant. Un testing, réalisé par l'Observatoire des discriminations de l'université de Paris-I, en donne la mesure. Un candidat avec une adresse au Val Fourré (Yvelines) est convoqué à deux fois moins d'entretiens d'embauche qu'un résident parisien avec un CV identique, un candidat au patronyme maghrébin cinq fois moins. La discrimination par l'adresse est massive, la discrimination raciale l'est encore bien plus. Il faut, aussi, une politique spécifique.

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  • Dans une note que vient de publier l'institut Montaigne, le sociologue Eric Keslassy analyse - et mesure - de façon très intéressante la diversité (entendue ici sur le plan culturel, soit les Français d'origine étrangère) dans le monde politique.

    En voici un compte-rendu et les principales propositions :

     -          Selon un sondage réalisé en décembre 2008 par le CSA pour l'Institut Montaigne, une majorité de Français (57%) considèrent qu'il n'y a pas assez d'élus issus de la diversité au Parlement. La sous-représentation des « minorités » dans le champ politique est donc clairement constatée par l'opinion.

    -          Selon le même sondage, une forte majorité de personnes interrogées (85%) se déclarent personnellement prêtes à voter pour un(e) candidat(e) issu(e) de la « diversité, mais dans le même temps, à 58%, pensent que les Français n'y sont pas prêts. Comme le relève Keslassy, il y a donc un fort décalage entre les intentions individuelles et la perception de la volonté collective.

    -          Le parlement est le temple de la sous-représentation des minorités visibles : sur 555 élus de la métropole, trois députés sont donc issus des minorités visibles, soit 0,54 %. Au Sénat, sur les 305 sièges de la métropole, 4 sont occupées par des représentants « issus de la diversité », soit une proportion de 1,31%. Assemblée nationale et Sénat confondus, 0,81% des parlementaires sont issus des minorités « visibles ». Ce chiffre terrible traduit leur sous-représentation manifeste et, au-delà, le décalage encore persistant entre les principes proclamés et la réalité constatée.

    -          C'est au niveau municipal que la progression des Français d'origine étrangère est la plus forte, mais elle reste relative : sur le plan quantitatif, il y a dans les 10 plus grandes villes de France entre 4,91% (Bordeaux) et 13,81% (à Strasbourg) d' « élus de la diversité ». Notons qu'à Paris, seuls 6,1% des élus sont issus de la diversité tandis qu'à Marseille ils ne sont que 5,94%. Néanmoins, si la proportion d'élus aux conseils municipaux des grandes villes a progressé lors des municipales de 2008, force est de constater que cela est essentiellement du au scrutin de liste et que sur ces listes les élus issus de la diversité occupent souvent les dernières places (au-delà de la 10ème place).

    -          Sur le plan international, Keslassy observe que « les Pays-Bas et, dans une moindre mesure, l'Angleterre28 parviennent à une représentation politique « convenable » des minorités à l'échelon national (cela se vérifie encore davantage au niveau local pour les deux pays). En revanche, les parlements de l'Italie et de l'Espagne sont quasiment monocolores. En Allemagne, la minorité turque trouve, lentement mais sûrement, sa place en politique : 5 députés d'origine turque ont été élus lors des dernières élections législatives fédérales (septembre 2005). Et il faut ajouter que Cem Ozdémir – l'un des premiers députés d'origine turque à être entré au Bundestag – vient d'être élu co-président du parti vert en Allemagne (avec 80 % des voix). »
    <?xml:namespace prefix = o /><o:p> </o:p>-          Les causes de cette sous-représentation chronique, en France, sont bien connues. En premier lieu, le caractère conservateur et ultra-concurrentiel d'un monde politique marqué notamment par le carriérisme, la prégnance des « rentes » et une très forte professionnalisation pénalise les Français d'origine étrangère aussi bien que les femmes – dont la progression dans les diverses structures de représentation n'est liée qu'à la contrainte résultant de la loi sur la parité. En second lieu, les partis politiques ont toujours peiné à penser et à intégrer la diversité du corps social. A cette raison s'ajoute l'importance des préjugés et des représentations négatives qui, du côté des responsables politiques, constituent encore un obstacle au recrutement et à la promotion (à l'acceptation aussi, d'une façon plus générale) de personnes qui s'écartent de la norme en vigueur, que ce soit par les caractéristiques culturelles (origine ou religion) ou par la trajectoire sociale (diplômes, etc.). Enfin, les membres des minorités visibles portent elles aussi, peut-être, une part de responsabilité dans la sous-représentation qui les frappe, par exemple en s'écartant délibérément, souvent par dépit, du champ politique, en rechignant à s'intégrer dans les trajectoires classiques du militantisme politique, en se livrant à une concurrence terrible dans la conquête des quelques places vacantes.

    KA


    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>Voici les principales propositions formulées par Eric Keslassy :
    <o:p> </o:p>AGIR EN AMONT DE LA CARRIÈRE POLITIQUE
    <o:p> </o:p>1. Ouvrir les grandes écoles à la diversité grâce à des politiques d'action positive.
    <o:p> </o:p>2. Ouvrir la haute fonction publique à la diversité en y favorisant l'accès des diplômés de l'université.
    <o:p> </o:p>Les diplômés des grandes écoles et de la haute fonction publique forment une partie importante du personnel politique. En luttant contre l'homogénéité sociale de cette élite, on peut espérer voir des profils « atypiques » émerger en politique.
    <o:p> </o:p>MODIFIER LE SYSTÈME POLITIQUE
    <o:p> </o:p>3. Introduire une dose de proportionnelle lors des élections législatives.
    <o:p> </o:p>Le scrutin uninominal est très défavorable aux minorités visibles. Introduire une dose de proportionnelle aurait un effet positif sur la diversité des élus à l'Assemblée nationale.
    <o:p> </o:p>4a. Limiter le cumul des mandats et des fonctions.
    <o:p> </o:p>Pour les ministres : interdire le cumul d'une fonction ministérielle et d'un mandat local.
    Pour les députés : établir la règle « un élu, un mandat », ce qui entraîne l'interdiction absolue de cumuler tout mandat local avec un mandat de député.
    Pour les sénateurs, représentants des collectivités territoriales : autoriser le cumul avec un mandat local, à condition que celui-ci ne soit pas exécutif.
    <o:p> </o:p>4b. Limiter dans le temps le nombre de mandats électifs successifs (3 mandats).
    <o:p> </o:p>En politique, le nombre de places est réduit. Par conséquent, il faut en libérer pour que de nouveaux visages puissent apparaître : limiter le nombre maximum de mandats électifs successifs à trois est donc une mesure prioritaire.
    <o:p> </o:p>5. Accorder le droit de vote aux résidents étrangers non européens aux élections locales.
    <o:p> </o:p>L'objectif de cette proposition est d'élargir le corps électoral pour « obliger » les partis politiques à tenir compte de la diversité de la société.
    <o:p> </o:p>RECOMMANDATIONS AUX PARTIS POLITIQUES
    <o:p> </o:p>6. Demander aux partis politiques de remettre tous les deux ans un rapport sur la diversité
    au président de la HALDE.
    <o:p> </o:p>Ce rapport devrait rendre compte des efforts produits par chacune des formations politiques en ce qui concerne la promotion politique des minorités visibles. Plus que des objectifs chiffrés, il s'agirait de pouvoir mesurer les efforts réalisés en termes de pratiques, d'actions et de résultats
    <o:p> </o:p>7. Organiser des primaires ouvertes aux « sympathisants » dans chaque circonscription pour la désignation des candidats aux élections législatives.
    <o:p> </o:p>Favoriser la représentation politique des minorités visibles à l'Assemblée nationale suppose aussi de changer les modalités de désignation des candidats aux élections législatives. Nous proposons l'organisation de primaires ouvertes (ou semi-ouvertes) systématiques. Cela aurait pour effet, dans certains territoires, de faciliter l'émergence de personnalités politiques locales issues de la diversité. En outre, il octroierait une légitimité incontestable au candidat désigné, ce qui devrait limiter considérablement les candidatures dissidentes.
    <o:p> </o:p>LE RÔLE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
    <o:p> </o:p>8. Inviter le président de la République à demander officiellement et publiquement un effort aux partis politiques en matière de diversité.
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p>

     


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  • Vendredi 6 février 2009, 19h00 : Débat avec l'invité de la section, Karim Amellal,Membre fondateur du Collectif Qui fait la France

    Fils d'une mère originaire de Saint-Marcel et d'un père algérois, Karim Amellal est un écrivain franco-algérien né en 1978, qui a partagé sa jeunesse entre Alger et Argenton, où il a fait ses études secondaires.

    Il est l'auteur de l'essai Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités paru chez Flammarion en 2005 et du roman Cités à comparaître paru chez Stock en 2006. Il est également maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il est un ancien élève et où il dirige désormais le Master Affaires publiques.

    Membre fondateur du Collectif de jeunes écrivains et artistes Qui fait la France ?, il est l'un des auteurs de Chroniques d'une société annoncée (Stock, 2007) avec la nouvelle “Vagues à l'âme”.

    Karim évoquera lors de ce débat les enjeux français en matière de lien social et de discrimination.


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