• Je serai l'invité de Radio Orient lundi 21 mars de 19h à 20h pour évoquer le débat sur l'islam et la politique de Nicolas Sarkozy.

    Radio Orient à Paris : 94.3

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  • Dans le cadre de notre émission IMPACT, j'ai interviewé mon ancienne camarade Najat Vallaud-Belkacem sur ce qu'elle appelle, avec Eric Keslassy, l' "égalité des opportunités" - plutôt que l'égalité des chances.

    Najat est l'auteur, avec Eric Keslassy, d'un rapport intéressant initulé Pluralité visible et égalité des opportunités pour la Fondation Jean Jaurès. Ce rapport est d'autant plus intéressant que c'est la première fois, à gauche, que ces notions ô combien délicates sont disséquées et tentent d'être articulées à la notion d'égalité, dépassant ainsi le faux débat - qui fait hélas fureur à gauche - sur la diversité contre l'égalité.

    Pendant une vingtaine de minutes, nous passons en revue les principaux sujets articulés à ce que l'on appelle diversité.

    Pour voir l'émission : 


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  • Les appels à la fin du multiculturalisme se multiplient eu Europe. En Allemagne, en Angleterre et, depuis la semaine dernière, en France, le même cri de colère est lancé par nos gouvernants : stop au multiculturalisme, celui-ci est mort ! Mais que signifie exactement ce cri ? Au Royaume-Uni, il signifie très clairement que les conservateurs sont hostiles au multiculturalisme d’Etat, c’est-à-dire à des politiques ciblant et promouvant les différences culturelles en vertu d’un principe de tolérance cher à Locke. En Allemagne, le coup de sang d’Angela Merkel s’inscrit dans une séquence politique plus longue, comme je l’ai indiqué dans un précédent article, et cible, non pas un multiculturalisme d’Etat qui n’existe pas en Allemagne, mais la propension de certaines communautés à revendiquer, sinon des droits spécifiques, du moins une relative autonomie. Et lorsqu’Angela Merkel affirme, dans le sillage de Thilo Sarrazin, que le multiculturalisme a échoué en Allemagne, ce n’est pas en référence à des politiques publiques, comme au Royaume-Uni, mais au comportement de certaines minorités et, de façon plus générale, à l’immigration. Enfin, lorsque Nicolas Sarkozy affirme lui aussi que le multiculturalisme a échoué en France, ce n’est pas non plus en référence à des politiques de différenciation ou de valorisation culturelle – qui ne peuvent exister chez nous – mais là aussi à l’immigration. En fait, l’invocation du multiculturalisme en Angleterre, en Allemagne et en France est une manière polie, dans le plus pur crédo des conservateurs de tous poils, de signifier que l’immigration est un problème et, en vérité, que l’islam et les musulmans constituent des problèmes. L’habillage rhétorique diffère et, de ce point de vue, le terme de multiculturalisme est très commode, mais le fond, lui, ne varie pas. La peur de l’islam et sa perception négative – ce que l’on nomme « islamophobie » - continuent de structurer les imaginaires nationaux.

     


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  • A l'invitation du British Council, je participerai à une conférence sur les droits culturels vendredi 11 février à 14h30 au 104.

    Adresse : 104, rue d'Aubervilliers, Paris 19ème.

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    14h30 – 17h00


    “What does it mean to have Cultural rights ? You decide”

     

    Concluding session open to British Council contacts, in ‘Question Time’ format.

     

    Debate animated by Shelagh Wright

     

    Shelagh Wright is a Demos Associate, she has worked extensively with the public, charitable and private sectors on creativity, learning and innovation agendas. Shelagh is currently leading programmes of work with the Creative and Cultural Sector Skills Council, Screen England,  Creative Partnerships and supporting the government sponsored review of creativity in education.  This follows several years as head of communications with the government’s school curriculum quango, and work on corporate social responsibility programmes with Business in the Community. More recently, she helped establish the innovative joinedupdesignforschools initiative working with young people as commissioners of leading designers and architects to reimagine aspects of learning, while working as a brand strategist in the US.  She also a governor of a primary school in London.

     

    With

     

    Karim Amellal

    Karim is a former academic director of the Master in Public Affairs at Sciences Po and is a teacher and writer. He has published three books, "essay" and fiction books. All of his work as an essayist, novelist and teacher is focussed on multiculturalism and how France deals with social and cultural diversity, the ‘banlieues’ and links between the arts and immigration. Karim is a founding member of the artists and novelists association ‘Qui fait la France?’ which aims to promote minorities involved in arts and more particularly in literature. Karim is particularly interested in growing his leadership skills to help develop the huge artistic and social potential of cultural communities in France and in Europe, so that they can be as strong and efficient as possible. He has just founded a media corporation (Stand Alone Media) dedicated to promoting and broadcasting intellectual contents provided by universities, think tanks and NGO's.

     

    Martin Bright, Founder and Chief Executive, New Deal of the Mind

    www.newdealofthemind.com

    Martin is the award-winning former Political Editor of the New Statesman. His idea for a New

    Deal of the Mind organisation has captured the imagination of the cultural world since its

    inception earlier this year and attracted the support of politicians from across the political

    spectrum. Martin is Founder and Chief Executive of NDotM. Since March he has been

    working closely with ministers, officials and arts organisations to deliver jobs in the creative

    industries.

     

    Tony Butler, Director Museum of East Anglian Life

    Tony Butler has been working in museums since 1997 and has been director of the Museum of Anglian Life (MEAL) since 2004. During this time he has transformed a failing organisation into one which is leading developments in social and cultural enterprise in the UK’s independent museum sector.

    MEAL was one of the first museums in the UK to describe its self as a social enterprise. Apart from its regular function as a museum, its work focuses on training and skills development for vulnerable people and therapeutic care for those with mental health difficulties. He is also leading a £3m development programme to restore a beautiful Queen Anne house and surrounding gardens. He was the 2007-08 Fellow for Museums on the Clore Leadership Programme. He has recently joined the Mission Money Models (MMM) Re-evolver programme which is seeking to build peer to peer networks around notions of resilience, relevance and responsibility. In 2009 he was named a recipient of the Paul Hamlyn Foundation Breakthrough Fund award to develop work based on happiness and well-being in museums. A paper co-authored with the New Economics Foundation entitled the Happy Museum will appear in shortly.Tony is a fellow of the Royal Society of the Arts and is a Trustee of the Poetry Trust.  He loves the countryside and his Clore Leadership Research (supervised at University of Gloucestershire) examined an Asset-Based approach to developing Cultural Amenities in rural Britain.

     

    Christiane Botbol, ATD Quart Monde (NGO)

    Christiane followed firstly a career in the voluntary sector, then at institutional level in several different postings for the Ministry of Culture and the Ministry for Foreign Affairs ; as advisor for the International Francophone Festival (Benin, Morocco, Lebanon) ; as Director of « Cultural Action and the Cité Internationale of Paris » ; as Head of Visual Arts at the Bourges Cultural Centre ; as exhibition curator and consultant with UNESCO ; as Director of the French Cultural Centre in Cluj-Napocca in Romania and finally as Head of Cultural Development for the Madagascan Minister for Culture. Since her return to France in 2006, Christiane has been working for national and international NGOs in various roles linked to culture and development, with a focus on francophone African countries.

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  • Le « multikulti » est-il mort ?

    Chez nos voisins d’outre-Rhin, tout vient d’un livre-choc, Deutschland schaff sich ab (L’Allemagne s’auto-détruit – non traduit en France à ce jour), écrit par Thilo Sarrazin, un haut-fonctionnaire, ancien vice-président de la BundesBank, qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires. En substance, Thilo Sarrazin dresse l’acte de mort du « Multikulti » allemand, le rêve d’une société multiculturelle dans laquelle les minorités, et en particulier les Allemands d’origine turque, vivraient en harmonie les unes avec les autres, en étant d’accord sur l’essentiel tout en conservant une singularité, ou originalité, culturelle. Et pour Thilo Sarrazin, l’islam est la cible toute désignée.

    Cette opinion, assez largement répandue en Europe de l’ouest et encore accrue par le contexte de crise économique, est très étonnante en Allemagne où les fantômes de la seconde guerre mondiale continuent de rôder dans l’imaginaire national. Affirmer la fin du multikulti, et avec lui de l’utopie postnationale chère à Habermas et aux penseurs de l’Ecole de Francfort, c’est en quelque sorte brandir à nouveau l’étendard du nationalisme et revenir au vieil essentialisme allemand de la monoculture (« Leitkultur ») que l’on croyait avoir disparu. Certes, Thilo Sarrazin a été viré de son poste au directoire de la BuBa et une grande partie des élites allemandes ont condamné son pamphlet, mais il est peu de dire que son écho est considérable. Horst Seehofer, le dirigeant des conservateurs bavarois, affirmait en octobre dernier que le multikulti était mort et, dans son sillage, Angela Merkel déclarait que : « Nous nous sentons liés aux valeurs chrétiennes. Celui qui n’accepte pas cela n’a pas sa place ici ». Quant aux Allemands, ils sont de plus en plus nombreux, à en croire les sondages, à adhérer à ce jugement. Pour 40% d’entre eux (comme en France), les musulmans représentent une menace.

    Multikulti contre Leitkultur, multiculturalisme contre monoculture – ou assimilationnisme ? Les débats sont vifs et, hélas, assez peu nuancés. Ils opposent d’un côté des différentialistes farouches qui, au nom de la diversité culturelle, réclament des droits spécifiques pour les minorités et, parfois même, font preuve de sécessionisme, et d’un autre côté des mono-cultureux tout aussi radicaux qui, en accusant l’islam et les immigrés de dissoudre l’identité allemande, essentialisent la controverse au nom d’une prétendue culture majoritaire blanche et chrétienne. 

    Ces débats font bien sûr écho aux nôtres, à au moins trois égards. D’abord, ils interviennent sur fond de crise économique et de fragilisation de la population. La tentation de chercher un bouc émissaire, une victime expiatoire, y est donc, comme d’habitude, plus forte. Les immigrés, et en particulier ceux qui sont perçus comme les plus éloignés d’une norme supposée, donc menaçants, en prennent pour leur grade. En France comme en Allemagne, les musulmans sont les cibles idéales. Ensuite, l’articulation plus compliquée, globalisation oblige, entre des groupes minoritaires et le creuset national, entre l’unité et la diversité, a fortiori lorsque lesdites minorités éprouvent des inégalités et des discriminations qui tendent à radicaliser leur rapport à leur culture d’origine, au détriment de la culture nationale. Enfin, une forme de repli de la droite conservatrice qui exploite les craintes de l’opinion et flatte son électorat en ressuscitant de vieilles lunes comme l’identité nationale (chez nous) ou la Leitkultur (chez nos voisins Allemands) et, ainsi, en malmenant les remparts dressés contre cette tentation : les valeurs républicaines chez nous et le patriotisme constitutionnel chez eux.

    Pour autant, en France comme en Allemagne, une voie médiane existe entre un différentialisme à tout crin et l’apologie d’une culture – ou identité – nationale réduite à sa souche au détriment de tous les autres. L’articulation, ou la discussion, des identités plurielles dans un cadre national n’est pas impossible. Le respect de certaines différences, religieuses notamment, n’est pas incompatible avec l’allégeance à des principes communs, pourvu que ceux-ci soient positifs et inclusifs. Chez nous comme en Allemagne, toutes les enquêtes d’opinion l’attestent : les musulmans sont dans leur écrasante majorité attachés à la République, à ses principes et à ses valeurs ; ils participent à la vie de la cité et n’ont aucune velléité sécessionniste ou communautariste. Et si nos droites, en France comme chez la plupart de nos voisins d’Europe du nord, se cramponnent, du fait des circonstances, au mythe de l’assimilation et d’une culture nationale épurée, la gauche doit s’emparer de ces débats et ne plus rester muette. Rechercher la meilleure articulation possible entre égalité et diversité, articuler un discours sur la République qui soit inclusif, qui parle à toutes les composantes de la société, et non exclusif.  

    KA

     


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