• Anyss Arbib

    En plein débat - biaisé, lamentable, n'y revenons pas, tout a été dit - sur l'identité nationale (et l'immigration, car c'est de cela qu'il s'agit, et l'articulation est indiscutable), une affaire vient, fort opportunément d'ailleurs, faire resurgir dans le débat public cette question lancinante, un peu oubliée, mise de côté, ces derniers temps : la France traite-t-elle tous ses citoyens de la même manière ? Je ne parle pas d'identité nationale ici, de savoir ce que signifie "être français", des bénéfices de la "diversité", de l'égalité des chances, de la lutte contre les discriminations. Je ne parle pas de burka, de laïcité, de banlieues, de délinquance.Tous ces débats sont importants, bien sûr, et participent du "vivre-ensemble".Mais ce qu'Anyss Arbib, cet étudiant brillant, en 4ème année à Sciences Po, témoin et victime des violences policières occasionnées par le récent match Egypte-Algérie, met en évidence, de façon cruelle, c'est que, somme toute, peu importent les diplôme, le statut, le prestige, les vêtements que l'on porte, le langage que l'on emploie, peu importent l'image que l'on projette, la représentation que l'on a de soi, le sentiment identitaire qui nous habite, la religion, la carte d'identité, les matricules de la nationalité, peu importent ces vétilles, ces arguments juridiques, ces traces matérielles de l'appartenance à la nation : même Français, un arabe reste un arabe, un noir un noir, etc. Et lorsque les circonstances s'y prêtent, et elles s'y prêtent en ce moment, elles s'y sont en particulier prêtées le soir de la victoire de l'Algérie, alors tout est bon, tel un clou que l'on redresse, pour assener aux réfractaires cette terrible vérité : on n'échappe pas à son faciès, on n'échappe pas à sa race, à son teint, à son phénotype, à la grosseur de ses traits, de ses lèvres, à la noirceur de ses yeux, au hâle qui recouvre son visage. On n'y échappe pas face à des policiers rageurs, encouragés à ne rien lâcher, incités, au sommet, par des actes quotidiens du pouvoir, à ne rien céder sur ce terrain : l'égalité est un mythe, on ne devient pas Français, on naît Français, et même pire, pour ceux nés ici, Français de naissance, par la naissance, on a beau naître Français, on n'est pas Français, pas considéré comme tel, pas français de souche.

    L'histoire d'Anyss Arbib, étudiant à Sciences Po, nous rappelle que, dans la France d'aujourd'hui, dans le débat d'Eric Besson, entre les mains de certaines forces de l'ordre, il y a, comme il y eut autrefois, ailleurs, ceux qui sont par le droit et ceux qui paraissent par l'aspect. Ici, en l'espèce, l'aspect l'emporte sur le droit.

    Karim Amellal

     

    Il faut, un peu sur le même registre, regarder la vidéo de la remise de la légion d'honneur à Dany Boon par Nicolas Sarkozy. Le président, ne manquant ni de souffle ni d'humour, ne semble pas être un fan du prénom "Hamidou"...!!! A découvrir ici : Voir la vidéo

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Rachid
    Mercredi 25 Novembre 2009 à 11:46
    anis
    bonjour, merci pour ce beau texte et la video. connaissez vous cet etudiant ? il est a l'iep je crois. cordialement
    2
    La Tulipe
    Lundi 7 Décembre 2009 à 11:12
    Anyss Arbib
    Monsieur Amellal, vous vous posez la question suivante: La France traite-t-elle tous ses citoyens de la même manière ? Monsieur Arbib a intégré Sciences Po sans même passer le concours d'entrée. Un simple entretien aura suffi. Trouvez-vous cela normal? Qu'elle soit qualifiée de positive ne change rien, de la discrimination reste de la discrimination! Je vous répondrai donc que non,la France ne traite pas tous ses citoyens de la même manière. Je tiens a préciser également que je ne cautionne pas les passages a tabac menés par la police. Cordialement
    3
    La Renoncule
    Mercredi 6 Janvier 2010 à 00:22
    Anis la bribe
    Comment la direction de Sciences Po s'amuse avec cet illustre inconnu en le lançant dans les médias comme un clown, et vous tombez dans le panneau. Connaissez-vous le taux de chômage des jeunes en Algérie ? Alors, au lieu de critiquer, vous feriez mieux d'ouvrir les yeux sur ce si beau pays où règne la dictature. En Algérie, le chômage des jeunes est explosif : http://www.elwatan.com/Le-chomage-touche-70-des-jeunes Vous avez bon dos de critiquer la France, elle offre du travail à encore des gens. Mais imaginez un instant le ressentiment d'un jeune blanc sans boulot dont les ancêtres ont fait toutes les guerres depuis le Moyen-Âge. Au lieu de vous préoccuper du sort de ce jeune algérien favorisé et boursier qui obtient Sciences Po sans vrai concours et pour des contenus de cours ridicules, il y a 100 000 SDF à Paris. Combien de Français ? Regardez les statistiques, vous serez surpris d'y voir beaucoup de Français.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :