• A l'occasion de la parution de Chroniques d'une société annoncée en Italie, Mohamed Razane et moi serons à Bologne la semaine prochaine.

    Nous interviendrons notamment à l'Université de Bologne dans le cadre d'une conférence organisée par le département de langues et de littérature moderne sur les manifestes littéraires au tournant du 21ème siècle.

     


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  • Sortie de Chroniques d'une société annoncée en Italie :

    Una società annunciata: il manifesto dei racconti dalle Banlieue

    Perché pensiamo che la Francia sia un paese moderno il cui vivere comune si elabora attraverso l’apertura della mentalità, il riconoscimento delle sofferenze individuali, il racconto della sua diversità e dei suoi immaginari.

    Perché rifiutiamo che lo spazio pubblico, unica risorsa intellettuale di cui dispone una società per pensare sé stessa, sia sprecato in vane polemiche, nella derisione sistematica, nei discorsi concordati e nell’instancabile messa in scena di chi è al potere.

    Perché la letteratura in cui crediamo, come contributo essenziale alla guerra del senso, è agli antipodi della letteratura attuale, egotista e meschina, sfogo degli umori borghesi.

    Perché siamo convinti che la scrittura, oggi più che mai, non possa più essere chiusa, melliflua, sdolcinata, ma debba diventare al contrario engagée, combattente e feroce.

    Perché ci rifiutiamo di rimanere spettatori delle sofferenze di cui sono vittime i più fragili, i declassati, gli invisibili.

    Perché prendiamo atto delle mancanze di una politica che non si è mai dotata davvero dei mezzi necessari per lottare contro le disuguaglianze che ostacolano le possibilità di un futuro migliore.

    Perché classificati come scrittori di banlieue, etimologicamente luogo del bando, vogliamo investire il campo culturale, superare le frontiere e recuperare così lo spazio confiscato che ci spetta di diritto, per legittima aspirazione all’universalismo.

    Perché questa generazione, la nostra, ha il fuoco per avere successo, lo slancio per abbattere le porte, la rabbia per arrivare fino in fondo, il carisma per bucare lo schermo, l’intelligenza per accumulare i diplomi, la forza per abbattere le barricate, la determinazione dello sportivo, la bellezza del libro, il carattere dell’Africa, l’odore del Maghreb, l’amore per il tricolore e per la poesia di Francia.

    Perché questo paese, il nostro paese, ha tutto per tornare ad essere un esempio, a condizione che si accetti per com’è e non per come fu.

    Noi, artisti, decidiamo di unire le forze e di operare insieme per lottare contro le disuguaglianze e le ingiustizie.

    Noi, figli di una Francia plurale, vogliamo promuovere questa diversità come carta vincente e opportunità per il futuro, come forza collettiva.

    Noi, uomini e donne del verbo, innamorati del senso e dell’azione, vogliamo agire, nel nostro piccolo, contribuendo così alla costruzione di una società più solidale.

    Noi, somma d’identità mescolate, mettiamo tutte le nostre forze nella battaglia per l’uguaglianza dei diritti e il rispetto di tutti, al di là delle origini geografiche e delle condizioni sociali.

    Noi, cittadini di qui e di altrove, aperti sul mondo e sulla sua ricchezza, vogliamo combattere con il verbo e la penna i pregiudizi vergognosi che sclerotizzano il nostro paese e minano il vivere comune

    Noi, scrittori in divenire, ancorati nel reale, ci impegniamo in una letteratura dello specchio, realista e democratica, che rifletta la società e i suoi immaginari nella loro interezza

    Noi, figli della Repubblica, desideriamo partecipare alla forza del suo messaggio, alla potenza della sua ispirazione e tradurre nei fatti il valore dei suoi principi.

    Noi, figli di Francia, cresciuti qui, stanchi dell’arroganza dei benestanti davanti alle nostre grida di miseria, ai nostri appelli d’aiuto e alle nostre lettere rimaste senza ascolto, volgiamo oggi le nostre voci e le nostre penne verso la nazione, sollevandoci come un solo uomo, come un solo inchiostro.

    Insieme, noi esistiamo.


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  • Quand la littérature se réfugie en banlieue

    Des écrivains de la banlieue parisienne s'organisent en un Mouvement visant à booster la créativité des jeunes

    GUILLERMO ALTARES (ENVOYÉ SPÉCIAL) - Paris - 05/05/2007

    TRADUCTION FRANÇAISE : NATHALIE BLÉSER

    Les faubourgs de France sont comme une marmite à pression toujours sur le point d'exploser. De fait, comme ça a été le cas en automne 2005, ils éclatent parfois en un tourbillon de feu et de violence. Dans ces territoires urbains, surtout dans les

    Cités, ces quartiers HLM qui concentrent la plupart des problèmes, la frustration et la rage gagnent du terrain,mais la créativité et le talent aussi. Et les jeunes de ces quartiers ne s'expriment pas uniquement à travers le rap ou les graffs. Après la révolte de 2005, qui, selon certains, pourrait se reproduire bientôt si le candidat conservateur Nicolas Sarkozy remporte les élections présidentielles de demain, un groupe d'auteurs est parvenu à ce que les maisons d'édition les plus prestigieuses de France s'intéressent à leurs oeuvres ; ils ont maintenant décidé de s'unir en collectif pour que tout ce talent puisse trouver et sa voie et son espace.

    Razane: « Nous voulons offrir de la visibilité à la créativité née en banlieue »

    « La littérature française s'est beaucoup embourgeoisée ces dernières années », affirme l'écrivain Karim Amellal.

    “Nous voulons offrir de la visibilité à la créativité née en banlieue”, explique Mohamed Razane, un éducateur social de 38 ans spécialisé dans l'attention aux jeunes à problèmes ; il a publié son premier roman, Dit violent, dans la célèbre collection blanche de Gallimard, qui réunit de grands écrivains français. D'autres romanciers avaient déjà dressé un portrait du monde des banlieues françaises, comme le narrateur algérien Y. B. dans Allah superstar ou l'écrivaineadolescente Faïza Guène, qui avait vendu 300.000 exemplaires de son oeuvre Kif kif demain en 2004, mais après la révolte de 2005 des maisons d'édition comme Gallimard, Hachette, Stock et Seuil ont intégré ces auteurs dans leur catalogue.Le collectif Qui Fait la France?, présidé par Razane et composé de neuf autres auteurs, a présenté sa première photo de famille le 16 avril 2007 en banlieue parisienne et publiera un livre choral en septembre, Chroniques d'une société annoncée, dont le prologue sera un manifeste revendiquant "la France invisible, éloignée des clichés". "Nous allons financer des projets, créer des ateliers d'écriture. C'est ce que nous aurions aimé trouver nous-mêmes. Beaucoup de jeunes ont une passion mais il est très difficile pour eux de se frayer un chemin dans le système. Il faut amener la culture en banlieue", explique Razane dans un bar du 14ème arrondissement parisien, où il travaille depuis quelques mois. Mais il vit toujours là où il a grandi, en Seine-Saint-Denis, dans le 93, un département qui rassemble certains des quartiers les plus conflictuels, depuis Clichy-sous-Bois, où avait commencé la révolte, jusqu'à la cité des 4.000.

    "Le rap est un moyen d'expression incontestable. Chaque quartier a ses groupes et son langage. Mais en banlieue il n'y a pas que du rap et du sport. Une créativité sans égale y est née, fruit du mélange des origines qui, bien souvent, finit malheureusement par être asphyxiée", poursuit Razane, dont le livre relate, à la première personne, l'histoire de Mehdi, un jeune homme de 17 ans, champion de boxe thaïlandaise qui survit dans le monde sordide, dur, mais aussi profondément humain et solidaire de la cité

    . "Comment parler de violence sans évoquer la pire des violences, celle du système? Qu'ils aillent tous se faire foutre avec leurs beaux discours", s'exclame le protagoniste au début du roman.Qui Fait la France? -composé de Thomté Ryam, Samir Ouazene, Habiba Mahany, Mabrouck Rachedi, Jean Eric Boulin, Khalid el Bahji, Karim Amellal, Mohamed Razane, Dembo Goumane et Faïza Guène elle-même- cherche, en réalité, à voir des jeunes comme Mehdi trouver leur voix au-delà du feu et des voitures brûlées. "Nous voulons sortir du ghetto pour que d'autres en sortent à leur tour, sortir des banlieues et parler à tous les jeunes en difficultés qui veulent faire des choses au niveau culturel, et nous voulons leur apporter notre expérience, nos réseaux et, éventuellement, de l'argent. On parle toujours de nous en tant que représentants de la littérature urbaine, du réalisme du bitume, mais je crois qu'il y a beaucoup d'autres voix", affirme Karim Amellal, un Algérien de 29 ans qui enseigne à Sciences Po et vient de publier son second livre, Cités à comparaître, écrit sur un tempo de rap. Karim Amellal, né à Paris, a vécu 10 ans en banlieue nord de Paris et en novembre 2005, alors que les jeunes brûlaient des milliers de voitures, il a publié son premier Essai, Discriminez-moi !, Enquête sur nos inégalités, paru chez le prestigieux éditeur Flammarion. Ses oeuvres suivantes parlent de  l'immigration et des problèmes d'identité dans un langage qui capte tous les sons, toutes les nuances et toutes les couleurs de la rue.

    L'objectif du collectif est également politique. "Nous revendiquons une littérature engagée, vieille tradition dans ce pays. La littérature française s'est beaucoup embourgeoisée ces 20 dernières années. Nous voulons parler de problèmes réels, de la police, des injustices, de la violence", poursuit Amellal.

    Les auteurs croient qu'un précédent de taille dans l'esthétique qu'ils revendiquent est constitué par
    La Haine, le film deMathieu Kassovitz qui, déjà en 1995, dressait un portrait du monde des Cités en un noir et blanc très tranché. " Il s'est écoulé plus d'une décennie mais le film est toujours très actuel, parce que cette haine est toujours là, palpable, comme on a pu s'en rendre compte en automne 2005". L'objectif des jeunes auteurs interviewés est de canaliser cette violence en d'autres voies.

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  • Voici la vidéo de notre intrusion sur le plateau de M-O. Fogiel.

    Faites tourner !


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  • Après l'action coup de poing de notre collectif sur le plateau de l'émission de Fogiel, voici le texte de notre appel :

    Nous sommes le collectif Qui fait la France, collectif d'artistes et d'écrivains, et nous voulons juste adresser au peuple méprisé un message d'espoir et de résistance.

    D'un bel élan, la France célèbre mai 68. Jeunesse révoltée aujourd'hui canonisée. Le formol gagne du terrain. La jeunesse d'aujourd'hui a la bouche scellée. Seuls parlent les intellectuels autorisés, les entrepreneurs médiatiques, les dominants de tout genre. Nous n'y trouvons pas notre compte, alors que la colère gronde. Celle-ci est juste en mal d'énonciation, alors énonçons-là, préparons les mai 2008, 2018, 2068.
    Jamais une époque n'a été autant saturée d'obscénité que la nôtre. Obscénité politique d'abord. Pourquoi la chose publique, la res publica, est devenue la chose des héritiers ? Pourquoi dans notre pays y a-t-il des enfants qui ne verront jamais la couleur de l'égalité des choses ? Pourquoi le mépris à l'égard des quartiers populaires, des bourgs de nos provinces, de cette France invisible a-t-il à ce point prospéré ? Que s'est il passé pour qu'un tel sentiment d'impuissance nous habite et que nos vies n'aient plus de profondeur politique ? Parce nous avons laissé faire, nous avons démissionné, nous avons laissé le politique à une caste qui nous veut du mal.
    Obscénité médiatique, surtout. L'espace public doit se penser comme l'espace de délibération des souffrances de chaque membre de la société, pour œuvrer à leur résolution ensuite. La souffrance sociale dans notre pays est insondable : sept millions de français vivent sous le seuil de pauvreté, les banlieues sont des lieux de réclusion sociale à perpétuité, un insidieux apartheid républicain nous ronge, quand des sans papiers ne se jettent pas à l'eau pour échapper à la folie policière. Au lieu de parler de ce réel là, de cette souffrance, l'espace public préfère traiter de l'insignifiance, de la gaudriole, des bruits d'alcôve, entre privilégiés de même rang. Nous en avons assez de cet espace public qui est un espace de mort.
    C'est pourquoi, nous disons à tous les invisibles de ce pays, les crèves la faim, les mecs des quartiers, les sans papiers, les précaires, les dominés, les invisibles, les blancs, les noirs, les rebeus, les asiats, hommes et femmes de bonne volonté, ceux qui ont mal à la France et au monde, de rentrer dans le combat, celui de notre dignité.
    Prenez la parole sur les plateaux, dans les journaux, les livres, les meetings politiques, parce qu'on vous ne la donnera pas, instaurez l'intranquillité, faites peur aux dominants, aux privilégiés, aux masturbateurs médiatiques, organisez des débats populaires, montez à l'assaut de l'espace public parce que c'est l'espace de votre liberté.

    N'ayons plus peur, agissons !

    Nous sommes le tiers pays, celui qui n'a rien et qui veut tout.

    Collectif "Qui Fait La France ?"
    http:://http://www.quifaitlafrance.com/

     


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