• Effet islam dans l'accès à l'emploi ?

    L’ « effet islam » dans l'accès à l'emploi : la preuve de l’existence d’une discrimination religieuse.

     

    Deux traductions de cette discrimination religieuse pesant sur les musulmans : l’écart de salaire et une plus faible chance de décrocher un entretien d’embauche.

     

    D’après une très récente étude publiée le 22 novembre 2010 par la National Academy of Sciences des Etats-Unis, les salariés musulmans gagnent en moyenne 15% de moins (400 euros) que leurs homologues chrétiens.

     

    Pour parvenir à ce résultat, les auteurs ont pris un échantillon de familles chrétiennes et musulmanes d’origine sénégalaise répondant aux mêmes caractéristiques hormis la religion, ce qui leur a permis d’isoler la variable religieuse parmi d’autres variables telles que le pays d’origine, l’âge ou le lieu de résidence…

     

    Par ailleurs, un candidat musulman a 2,5 fois moins de chance d’être convoqué à un entretien d’embauche que son homologue chrétien.

     

    Concrètement, des CV de deux candidats fictifs ont été envoyés aux recruteurs. Ces CV étaient absolument identiques à l’exception du principal marqueur religieux – le prénom – qui variait. Ainsi, par exemple, une candidate fictive chrétienne d’origine sénégalaise nommée Marie Diouf a obtenu 100 réponses positives pour un entretien tandis qu’une candidate prénommée Khadija Diouf n’en a obtenu que 38 (soit 2,5 fois moins).

     

    Les hypothèses expliquant cette discrimination religieuse dans l’accès à l’emploi et au cours de la trajectoire de carrière sont multiples : le poids des représentations négatives, induites notamment par les médias, à l’égard de l’islam, une sympathie naturelle, spontanée, a priori des recruteurs de confession chrétienne (majoritaires) pour des candidats issus d’un même univers culturel, une certaine méfiance à l’égard de pratiques religieuses perçues comme menaçantes pour l’entreprise (la prière, le voile, le ramadan, etc.).

     

    Enfin, l’identification d’un facteur religieux en tant que facteur de discrimination ne doit pas masquer l’existence d’autres discriminations, plus massives en volume : celles que subissent les femmes (écarts de salaires : 25% en moyenne par rapport aux hommes), les handicapés, les personnes d’origine maghrébine et subsaharienne ou encore celles que subissent les résidents de territoires négativement marqués (le 93 par exemple).


  • Commentaires

    1
    meredith (nyc)
    Samedi 27 Novembre 2010 à 13:55
    blog
    cher monsieur amellal, je consulte regulierement votre blog, tres instructif et utile pour moi qui vit de l autre cote de l atlantique. merci pour ce travail d eclaireur et de decrypteur des problemes sociaux et rciaux en france. Je travaile sur ces questions et suis de pres vos articles et posts.
    2
    val idee
    Mercredi 8 Décembre 2010 à 12:06
    Même constat
    J'ai constaté exactement les mêmes idées préconçues sur l'Islam sur des sites de rencontres bien connu et d'autre un peu moins, c'est terrifiant de voir à quel point les gens fonctionnent à la médiatisation et non à la culture ou l'information concrète....ça me dépasse...
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