• Enquête TeO 2010

    L’enquête TeO (Trajectoire et origines) de l’INED (Institut national d’Etudes Démographiques) confirme une fois de plus un sacré paradoxe (que les intimes de ces questions connaissent depuis, hélas, bien longtemps) : en effet, la moitié des immigrés ayant acquis la nationalité française et 37% de leurs enfants (donc nés Français, pour la plupart) ont le sentiment de ne pas être perçus comme des Français, alors même que 82% des immigrés naturalisés ont le «sentiment d'être français», et cette proportion grimpe à 89% pour leurs enfants.

    Clin d’œil au fumeux débat sur l’identité nationale : le désir de France, l’envie de France, le besoin de France ou peu importe comment on l’appelle sont extraordinairement forts chez les Français « d’origine étrangère », là n’est donc pas le débat. En revanche, ce sont nos mécanismes de solidarité, de fraternité, ceux qui sont inventés par nos politiques qui sont mise n branle par l’Etat, qui s’avèrent sérieusement défaillants.

    Toujours selon l’enquête TeO (22 000 personnes interrogées en 2008 et 2009), voici quelques autres données importantes :

    - 21% des enfants (hommes) d'immigrés (= personne née étrangère à l’étranger) d'Afrique sub-saharienne et 17% des enfants (hommes) d'immigrés du Maghreb sont au chômage, ce qui représente le double des hommes de la population majoritaire, définie comme «l'ensemble des personnes, numériquement les plus nombreuses, qui résident en France métropolitaine et qui ne sont ni immigrées, ni natives d'un DOM, ni descendantes de personnes immigrées ou natives d'un DOM»

    - Le taux de chômage des femmes « issues de l’immigration » (= enfants d’immigrés) s’établit à 29% pour les personnes d’origine sub-saharienne, ce qui représente un taux de chômage trois fois supérieur à celui des femmes de la population majoritaire (10%).

    - Concernant les rémunérations, l’étude signale que les hommes immigrés originaires d’Afrique sub-saharienne gagnent en moyenne 12% de moins que la population majoritaire. Sur ce plan, les femmes s’en sortent mieux en raison d’une moindre exposition aux discriminations – les préjugés et stéréotypes (à l’origine des discriminations) frappant en général majoritairement les hommes.

    Ces disparités entre population immigrée (en particulier celle orifginaire d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord) est confirmée par une nouvelle analyse de l’INSEE contenue dans le Portrait social de la France.

    Ainsi, «en moyenne, entre 2005 et 2009, 86% des hommes français âgés de 16 à 65 ans ont un emploi quand leur deux parents sont français de naissance», ce qui n’est le cas que de «65% quand un de leurs parents est immigré et originaire d’un pays du Maghreb ».


    Cela représente un écart de plus de 20%...


    Pour les femmes, cet écart est légèrement moindre (56% des femmes dont l’un des parents est immigré et originaire d’un pays du Maghreb ont un emploi, contre 74% pour les femmes dont les deux parents sont Français de naissance).

    Certes, selon l’INSEE, bien des facteurs autres que la seule discrimination peuvent expliquer ces écarts (niveau de diplômes, lieu de résidence, etc. – bien que ce dernier soit en soi un facteur de discrimination !!), mais la discrimination n’en constitue pas moins une explication « plausible »… Ouf !


    Par ailleurs, comme on le sait, l’étude confirme une corrélation entre le niveau de diplôme et l’employabilité : pour les hommes de parents originaires du Maghreb, plus le niveau de diplôme est élevé, plus la capacité à trouver un emploi est importante.


    Cette corrélation, pour autant, ne s’observe pas chez les femmes originaires du Maghreb : celles-ci seraient donc davantage victimes d’un plus faible accès que les hommes à l’emploi.

     

     


  • Commentaires

    1
    Amira Boutaleb
    Jeudi 18 Novembre 2010 à 00:16
    discriminations
    bonjour M. Amellal. Merci pour ce nouvel article très intéressant, j'aime beaucoup votre blog et j'y viens tres souvent pour m'informer et me documenter sur des sujets qui me sont chers. Votre travail est tres utile, continuez ! sinon pourquoi les politiques ne parlent ils plus des discriminations selon vous ? je ne parle pas de la droite bien sur mais surtout de la gauche, et aussi de l'extreme gauche. est ce un sujet tabou ? merci et à bientôt
    2
    frédéric (Reims)
    Samedi 20 Novembre 2010 à 14:06
    chiffres
    ces chiffres sont ils fiables ? merci
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