• Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales

    François Hollande a annoncé vouloir accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales : comment n’y souscririons pas ?

    Pourtant, n’ayons pas la mémoire courte : ce n’est pas la première fois que la gauche le promet. Elle le fit même à trois reprises. François Mitterrand, d’abord, en 1981 : le droit de vote des étrangers présents en France depuis 5 ans aux élections locales figurait déjà dans les 110 propositions, à la 80ème position. Il réaffirma cette intention en 1988, en pleine campagne électorale, sans toutefois donner suite à cause de mauvais sondages.

    La gauche plurielle revenue aux affaires en 1997 remet le sujet sur la table, notamment dans le sillage du Traité de Maastricht, adopté en 1992, qui conduisit à une révision de la Constitution et à l’octroi du droite de vote des ressortissants communautaires aux élections locales et européennes. Poussée les Verts et les communistes, une proposition de loi est ainsi déposée à l’Assemblée nationale : elle prévoyait l’octroi du droit de vote et l’éligibilité aux étrangers présents régulièrement en France depuis 5 ans, mais le Premier ministre Lionel Jospin, ne jugeant pas le moment encore opportun, refusa de l’inscrire à l’ordre du jour du Sénat.

    Nicolas Sarkozy lui-même, à l’époque où il s’efforçait d’élargir sa base et de séduire un électorat populaire traditionnellement peu courtisé par la droite, déclara : « J’avoue ne pas être outrageusement choqué par la perspective de voir des étrangers, y compris non communautaires, voter pour les scrutins cantonaux et municipaux. A partir du moment où ils payent des impôts, respectent nos lois et vivent sur notre territoire depuis, par exemple, cinq années, je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher. » O tempora, ô mores. C’était en 2001…

    Le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales est, comme le cumul des mandats ou l’amélioration de la représentativité du Parlement, un serpent de mer de la vie politique française : tout le monde en parle, beaucoup se prononcent en sa faveur, mais peu, une fois arrivés au pouvoir, se risquent à le mettre en œuvre. Ils ont trop à y perdre.

    Ou plutôt : ils avaient. Car, bonne nouvelle, il y a désormais un élément nouveau qui change la donne et nous donne des raisons de penser que la promesse de François Hollande n’est pas une promesse en l’air : les Français y sont favorables, et dans une assez forte proportion – 60% environ d’après de récents sondages. Preuve que les mentalités évoluent, lentement mais sûrement. Et si dans les années 80 ou 90 cette proposition pouvait passer pour explosive – et trop risquée politiquement –  elle ne l’est plus aujourd’hui.


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