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    Voici quelques articles ou extraits d'articles intéressants. Bonne lecture !

     

    Lu dans le Bondy Blog :

     

    Quand les USA s'impliquent dans la diversité française

    Vendredi 23/01/2009 | Posté par Nordine Nabili

    OBAMA, ESPOIR BANLIEUE ? A l'occasion de l'investiture de Barack Obama à la Maison Blanche, nous publions une série d'articles sur cette nouvelle page de l'histoire américaine. Aujourd'hui, l'interview de Laura Berg, attachée culturelle de l'ambassade des Etats-Unis à Paris.

    Quel que soit le contexte, les relations entre la France et les Etats-Unis sont souvent sous tension. L'investiture de Barack Obama a permis de faire une courte pause pour laisser la place une grande émotion collective. L'élection présidentielle américaine a été très suivie en France, particulièrement par les jeunes des banlieues. La présence d'un candidat noir a été certainement un facteur important de l'intérêt pour cette élection. Pour comprendre cet engouement et le rôle actif de l'ambassade des Etats-Unis dans le débat sur la diversité en France, nous avons rencontré Laura Berg, attachée culturelle de l'ambassade. Interview.

    Que pensez-vous du débat sur la diversité en France ?

    Je constate qu'il y a beaucoup d'impatience. C'est bien compréhensible, mais je sens un esprit de volonté qu'il faut absolument saisir en ce moment. Je sens qu'il faut encourager et participer à cette dynamique vers la reconnaissance de la richesse multiculturelle de la France, en utilisant tous les leviers démocratiques. La France est une terre d'immigration, comme les Etats-Unis. La création de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration est une célébration de l'immigration pendant des siècles. J'ai le sentiment qu'il existe aujourd'hui un désir de reconnaître et d'envisager la question de l'identité française autrement. Après cette étape intellectuelle, nous sommes entrés, je crois, dans une phase de recherche de solutions pratiques pour faire vivre cette diversité au quotidien.

    Où se situe exactement la volonté du changement que vous évoquez ?

    Ce ne sont que des impressions parce que je ne suis pas académique, et je ne connais pas la France profondément. Toutefois, je constate qu'il existe aujourd'hui une nouvelle chaire pour la diversité dans le business, des ouvertures de postes à responsabilités dans des grandes entreprises pour des personnes issues de la diversité. Cette question est présente dans les débats, c'est important. Les publicités des grandes marques me donnent l'impression qu'il existe une prise de conscience sur le pouvoir d'achat de ces populations. Elles ne veulent pas rater ce marché, alors elles sont offensives sur cette question. Au niveau politique, nous voyons que des nouvelles têtes apparaissent à l'échelon national et local. Ce mot diversité est de plus en plus répandu et les lignes bougent, c'est important même s'il y a beaucoup de frustrations encore et des résistances.

    Avez-vous le sentiment que la France traite cette question d'une manière plus pacifique que ce qui s'est passé dans votre pays ?

    C'est une histoire différente. C'est vrai que c'est un moment de droits civiques en France. Il y a un grand dialogue national qui est en train de prendre place maintenant, c'est important. Beaucoup de chercheurs américains viennent en France pour étudier cette période. Ils considèrent que c'est un tournant. Ce qui se passe actuellement est une période vraiment attirante et extraordinaire de l'histoire de France.

    Votre pays accompagne-t-il la France dans ce changement ?

    Nous parlons en anglais d'échanger les « best practicies », c'est là où nous pouvons avoir vraiment une valeur ajoutée. Nous faisons venir des experts dans différents domaines pour accompagner cette dynamique. Lorsqu'ils interviennent auprès des différents acteurs, ils mettent l'accent sur des pratiques concrètes, des détails. Ils sont très pragmatiques. Ce sont des personnes qui ont monté des actions aux Etats-Unis, qui ont vécu des choses et qui viennent partager leur expérience ici. Ce n'est pas pour « dupliquer les expériences », mais bien pour analyser les ressorts et les particularités de chaque initiative. Notre rôle est de mettre en relation les gens qui souhaitent échanger les modèles, les possibilités dans des domaines très pratiques.

    Au niveau économique, avez-vous une expérience américaine sur laquelle la France pourrait s'inspirer ?

    Nous avons une association de fournisseurs aux Etats-Unis qui regroupent 16 000 membres avec pour objectif de faire la promotion de la diversité. Cette association conseille aux grandes entreprises qui souhaitent acheter des produits de se tourner vers les fournisseurs qui prennent en compte dans leurs pratiques la promotion de la diversité et les entreprises dirigées par les minorités. Les responsables de cette association sont en France cette semaine et nous avons organisé un événement pour présenter leur concept basé sur le développement économique.

    Les Français sont-ils plus dans l'emphase et les Américains plus pragmatiques ?

    Notre démocratie est bien enracinée dans la pensée française. Personnellement, je suis assez pratique, je cherche les personnes qui construisent quelque chose et je les invite en France pour parler des expériences, des défis et des succès. Nous avons besoin de montrer ce qui marche, c'est important d'apporter les preuves que nous sommes entrain de faire des choses utiles et efficaces.

    Que pensez-vous des suspicions qui existent autour de l'engagement des services de l'ambassade en direction des banlieues ?

    Il y a beaucoup d'exagération et de fausses polémiques autour de notre activité. Nous sommes un petit service, nos moyens sont limités. Etre présenté comme une force occulte, ce n'est simplement pas réaliste pour les lecteurs des journaux qui ont entretenu cette suspicion. En communication, on dit qu'il vaut mieux avoir de la mauvaise presse que pas de presse du tout. Du coup, après la publication de ces articles, nous avons reçu beaucoup de demandes pour en savoir plus sur nos projets. Finalement, cette polémique a été très positive.

    L'élection de Barack Obama est-elle une leçon pour les élites françaises ?

    Non. Notre histoire est différente. Au fond, la victoire de Barack Obama est une histoire de talent et d'ambition. Il porte l'espoir du changement pour les Américains et pour le monde entier. J'ai le sentiment que les mentalités changent depuis le 4 novembre. Les gens veulent essayer de faire évoluer les choses. Les jeunes Français l'ont pris pour modèle, tant mieux. Ceci étant, il n'est pas le premier, d'autres ont été des modèles pour les jeunesses du monde, comme Nelson Mandela. Pour notre pays, c'est un moment de fierté d'avoir un président qui inspire tellement d'espoir dans le monde.

    Mais Barack Obama est président des Etats-Unis et non pas secrétaire d'Etat chargé de la politique de la ville du gouvernement français...

    C'est un exemple pour beaucoup, c'est important. En France, il existe une jeune génération talentueuse qui se trouve aujourd'hui au seuil de la classe politique. Elle se prépare à prendre des responsabilités. Elle est présente, ce n'est pas le moment de se retirer, au contraire. J'ai le sentiment que les partis politiques français souhaitent cette diversité. Je suis très optimiste.

    Propos recueillis par Nordine Nabili

    Nordine Nabili -

     

    Lu dans Le Figaro :

     

    Yazid Sabeg veut plus d'élus issus de la diversité


    Crédits photo : Le Figaro

    En pleine obamania, le commissaire à la diversité veut prendre des photos pour mesurer la progression des minorités visibles. Une idée qui ne séduit guère Éric Besson, nouveau ministre de l'Immigration.

    Récemment nommé commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, Yazid Sabeg a fait de la représentation politique sa priorité. D'ici à quelques jours, il rencon­trera les parlementaires et les états-majors des partis. Il entend, dit-il, «écouter ce qu'ils proposent pour faire avancer la diversité et briser le plafond de verre». Mais affirme d'ores et déjà qu'il prônera «des mesures normatives. Autrement, les accords ne valent rien» .

    Pour avancer, le commissaire va pouvoir s'appuyer sur une nouvelle étude qui chiffre la présence des minorités dans la vie politique. Dans une note publiée mercredi, l'Institut Montaigne, vitrine intellectuelle des plus grands patrons, détaille la composition ethnique des deux chambres du Parlement et des conseils municipaux des dix plus grandes villes de France en utilisant une méthode iconoclaste : la photographie. Yazid Sabeg, longtemps pilier de l'Institut Montaigne, se montre enthousiaste pour le procédé choisi : «C'est une possibilité intéressante pour traiter la question cruciale des discriminations raciales. J'ai moi-même prôné la photo de famille dans les bilans des entreprises», explique-t-il. Il avait proposé que les grandes sociétés présentent ce cliché en guise de mesure des minorités visibles dans le cadre de la charte de la diversité.

    Une méthode de reconnaissance faciale un brin aléatoire qu'explique le sociologue Éric Keslassy, qui travaille sur le sujet pour l'Institut Montaigne. «J'ai regardé les clichés des élus, puis j'ai corrélé avec les noms de famille et j'ai réalisé quelques vérifications téléphoniques.» Les résultats sont contrastés. Parfois satisfaisants au niveau local, parfois pire qu'à l'Assemblée nationale qui ne «présente que trois députés issus des minorités visibles», sur les 555 élus de métropole, soit 0,54 %. Au Sénat, ils seraient quatre, occupant 1,31 % des 305 sièges métropolitains. Photo à l'appui, Paris présente le meilleur taux avec 17 % d'adjoints perçus comme de la diversité. Suivi par Strasbourg avec 13,84 %, puis Montpellier et Lille autour de 11 %, Toulouse à 10 %, Lyon à 8 %. Loin derrière, Marseille, Nice. Enfin Bordeaux ne compte aucun adjoint de la diversité.

    Le sociologue de l'Institut Montaigne reconnaît qu'il faut rester prudent : «C'est une méthode empirique, un instantané plus qu'une étude, que j'ai utilisée en l'absence d'autres outils statistiques.» Il insiste sur d'autres pistes pour renouveler la classe politique : la fin du cumul des mandats ou la tenue de primaires. «Tout cela prendra du temps, tempère Yazid Sabeg, car les candidats issus de la diversité ne peuvent pas prétendre à une place s'ils n'ont pas le profil et la trajectoire». C'est tout l'art du nouveau commissaire que de savoir sinuer entre réflexions de fond sur la promotion sociale et des positions plus dérangeantes de chiffrage au faciès.

    «Sceptique, réticent»

    D'ailleurs, la photographie, largement subjective, ne fait pas l'unanimité au gouvernement. Eric Besson, ministre de l'Immigration également en charge des questions de diversité, se dit «sceptique, réticent». «Il faut qu'on invente des instruments fiables et conformes à nos traditions, sans classer les individus par race, ethnie, religion... C'est assez complexe», reconnaît le ministre qui fera plancher des scientifiques dans les prochains mois. «Je ne veux pas jeter la pierre à ceux qui tentent des expériences et j'entends travailler la main dans la main avec Yazid Sabeg» , ajoute-t-il.

    En attendant, il juge «habile» un tout autre instrument mis au point par le Haut Conseil à l'intégration. À partir des noms et prénoms qui prévalaient en France à la fin du XIXe siècle et de ceux récemment apparus, un logiciel permet de repérer les personnes d'origine maghrébine et africaine, ou d'immigration européenne ou encore de l'outre-mer. Peaufinée par Jean-François Amadieu, de l'Observatoire des discriminations, cette méthode semble obtenir des résultats fiables. Elle a permis d'examiner la situation des 35 000 élus des communes de plus de 9 000 habitants. Parmi eux, 6,68 % sont issus de l'immigration. Un chiffre encore faible, mais en progression depuis les élections de 2001. Tandis que la France se scinde d'Est en Ouest, reflétant les flux migratoires.

    Dans la bataille pour la mesure de la diversité, le HCI croit tenir l'outil le plus performant : «opérationnel partout, dans la haute fonction publique, à l'ENA, dans les conseils d'administration», ajoute Patrick Gaubert, le président du HCI. Qui préconise d'utiliser la méthode patronymique tout en développant les statistiques publiques sur les origines géographiques, en demandant le lieu de naissance des individus et de leurs parents pour obtenir un portrait assez fidèle de la deuxième génération. D'ici à mars, Yazid Sabeg devra trancher et choisir sa méthode pour améliorer la diversité, notamment en politique.

    » DOCUMENT - Consulter l'intégralité de l'étude de l'Institut Montaigne

    » PORTRAIT - Yazid Sabeg, l'avocat de l'égalité des chances

     


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