• Sciences Po réforme sa procédure d’admission pour mieux se diversifier

    Dès 2001 – et sans équivalent à ce jour – les bacheliers issus de lycées situés en Zones d’Edication Prioritaire (CEP) étaient admis via une procédure spécifique qui, tout en restant très sélective, était exorbitante du droit commun. Sciences Po devenait ainsi le premier établissement en France à sélectionner sur une base socio-géographique (et jamais ethno-raciale) tout en aménagement le sacro-saint concours d’entrée. L’égalité de l’accès s’en trouvait certes ainsi amoindrie, mais au profit d’une plus grande équité. Rappelons par ailleurs que Sciences Po aménageait aussi sa procédure d’admission en première année pour les bacheliers ayant obtenu une mention très bien puisqu’un nombre de ceux-ci étaient également exemptés de l’examen d’entrée.

    A partir de 2013, une nouvelle étape sera franchie avec la modification de l’examen écrit : l’épreuve de culture générale, dont de nombreuses études ont ces dernières années démontré le caractère finalement moins discriminant que les langues… voire les maths, disparaît (voir à cet égard le livre Une grande école pourquoi pas moi ? Le droit au mérite de Chantal Dardelet, Fabrice Hervieu-Wane, et Thierry Sybieude). L’examen comportera donc désormais un dossier d’admissibilité, trois épreuves écrites d’histoire, de langue et d’option, et pour l’admission : un entretien et un oral de langue. L’admission sur mention très bien sera supprimée.

    L’objectif de cette refonte de la procédure d’admission est clair : diversifier le recrutement et attirer des candidats issus d’horizons différents en misant non plus sur des connaissances scolaires mais sur des « personnalités ». Le modèle est clair lui aussi : aligner la procédure d’admission sur celle des universités d’élites anglo-saxonnes, américaines en particulier, où le dossier d’admissibilité et les différents éléments de personnalité qu’il contient joue un rôle primordial dans le recrutement des élèves.

    Si la suppression de la procédure d’admission sur mention très bien va dans le bon sens – c’était celle qui recrutait sur la base sociale la plus étroite -, on peut questionner le maintien d’une épreuve de langue étrangère tant à l’admissibilité qu’à l’admission. Ce sont en effet les épreuves de langues, en 1er cycle comme en master, qui sont réputées être les épreuves les plus discriminantes, et non la culture générale.

    Il n’en reste pas moins que c’est un nouveau pas décisif en faveur de l’ouverture sociale qui est franchi. Il faut dire qu’avec 12% d’ouvriers et d’employés seulement à Sciences Po (contre 3% il y a dix ans il est vrai), les marges de progression sont encore importantes.


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