• TRaduction de l'interview à Elaph.com

    DSK a t-il encore un avenir politique après cette affaire?

    Cela semble très difficile ! Même s’il faut rester très prudent et qu’il faut rappeler qu’en l’absence de condamnation DSK reste innocent, cette affaire, même si elle en reste là, ne l’a pas seulement fragilisé ; elle l’a tué politiquement et symboliquement. Désormais, aux yeux du public, le nom de DSK est associé à la plus grave accusation qui soit en matière de meurs : une accusation de viol, et son crédit dans l’opinion publique s’en trouve considérablement amoindri et va continuer, inéluctablement, à s’éroder à proportion du traitement médiatique de cette affaire. DSK n’est à ce jour plus le directeur général du FMI. Il n’est plus nom plus candidat aux primaires du PS. Son statut a volé en éclat, sa stature et son charisme se sont effondrés. Reste l’image du type très riche accusé d’avoir agressé sexuellement une femme de ménage noire qui surnage dans la conscience collective… Même si DSK est innocenté, il lui sera difficile de s’en remettre.


    Au cas ou SDK serait condamné dans cette affaire, est ce qu’une telle condamnation impacterait les chances du parti socialiste dans les présidentielles?

    Là encore, oui, et d’ailleurs comment pourrait-il en être autrement ? Le PS a perdu son champion, le seul susceptible de rassembler massivement une grande partie de la gauche dès le premier tour. Le parti a également perdu la bataille de la morale et cela va pleinement profiter à Nicolas Sarkozy, fragilisé sur ce terrain à cause de ses propres « affaires » (Fouquet’s, yacht de Bolloré, Jean Sarkozy…). Mais en comparaison d’une accusation pour tentative de viol et séquestration, les « affaires » qui ont marqué la présidence de Nicolas Sarkozy paraissent insignifiantes. Ce scandale de mœurs, a fortiori bien sûr s’il donne lieu à une condamnation, va rejaillir sur l’ensemble du parti, désormais incapable d’accuser le président de la République d’avoir un comportement irresponsable ou inapproprié. Alors même que la morale, l’éthique, la stature étaient les armes principales de la gauche dans la perspective de 2012 pour attaquer le président, ces armes se sont retournées contre elle : comment reprocher quoique ce soit au président désormais ? Enfin, il y a l’homme, le candidat. DSK était perçu comme celui qui avait la carrure et la stature permettant de revaloriser la fonction présidentielle. Soyons tout de même positifs : aujourd’hui, les possibles candidats de gauche – Martine Aubry et François Hollande – incarnent incontestablement une fore de modestie et d’humilité que les Français attendent, mais il leur faudra travailler dur pour changer leur image et parvenir à incarner dans toutes ses dimensions le changement auquel, je le crois, les Français aspirent profondément.


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